Un jour au Sénégal

Noémie est partie au Sénégal pour faire son travail de master. Au moment de faire ses valises et partir pour près de 4 mois, elle était bien loin d’imaginer tout ce qui allait se passer mais aussi tout ce que Dieu allait faire dans sa vie...

Nous vous laissons découvrir ce témoignage tout frais d'une GBUssienne de Neuchâtel, Noémie Carnal, sur un voyage chamboulant mais qui lui a révélé de merveilleuses choses sur Dieu.

 

Un jour au Sénégal…

Au moment de faire mes valises et partir pour près de 4 mois au Sénégal, j’étais bien loin d’imaginer tout ce qui allait se passer mais aussi tout ce que Dieu allait faire dans ma vie pendant ce si court laps de temps. Si l’on m’avait dit que mon projet allait être mis en péril par le développement d’une potentielle grave allergie aux piqûres d’abeilles ou que mon séjour se verrait écourté et mon retour précipité par une pandémie je me serais marrée et aurait probablement fait une blague nulle du style « encore un coup des chinois ça ! » et pourtant… alors même que je n’en avais aucune idée, Dieu savait et était au contrôle et me préparait déjà à tout ce que j’allais vivre.


Au Sénégal j’ai découvert tout un univers qui, pour l’ethnologue que je suis, était un magnifique terrain de jeu mais qui était aussi accompagné par un magnifique lot de challenges pour la suissesse que je suis. Des choses simples du quotidien sont devenues de véritables challenges pour moi comme couper un oignon (vous avez déjà coupé en petits dés un oignon dans votre main ? c’est pas easy easy !) ou comme manger (décortiquer un poisson à la cuillère de la main droite lorsque l’on est gauchère c’est pas easy easy non plus!) ou comme savoir quelles étaient les bonnes salutations en fonction de mon interlocuteur. J’ai aussi découvert un monde où être assis sur une chaise et attendre, sans savoir vraiment quoi ni pour combien de temps ne posait de problèmes à personne excepté moi, un monde où j’étais encore « une enfant » car non mariée où l’on me disait des phrases telles que « mange ton orange, c’est bon pour les enfants », un monde où la suissesse que j’étais avait tellement à apprendre de l’accueil et du partage et où la culture du repas partagé était encore plus marqué qu’aux GB (qui l’aurait cru !).


Mais j’y ai aussi découvert un monde qui m’a profondément bouleversée, où les gens pouvaient se voir fermer la porte des études et de leurs rêves pour de stupides questions administratives, où des bébés mourraient pour des masques à oxygène pas désinfectés et où les enfants faisaient la manche car c’est une région où il n’y a pas d’argent et qu’aller à l’école dans ces circonstances étaient parfois secondaires. Mes premières semaines ont donc été assez éprouvantes cherchant à comprendre les codes sociaux et agir toujours de la manière qui était la bonne. Mais cela a été pour moi une magnifique occasion de m’interroger sur la culture du Royaume ! Mettais-je autant d’énergie et de soin à faire ce qui était juste d’un point de vue du Royaume de Dieu qui est, au final l’autorité suprême, que dans ce nouveau contexte. J’ai été forcée de constater que pas toujours, ce qui m’a permis de questionner certains de mes choix et modes de vie d’une manière nouvelle.


J’ai décidé de vous partager plus en détail un des nombreux enseignements que Dieu m’a donné pendant ces quelques mois. Un des gros points a été celui de « s’abandonner complétement à Lui ». Je pense que l’une des phrases que Dieu m’a le plus apprise à dire (et croire !) pendant ces quelques mois a été « Papa je comprends pas ce qui se passe mais je te fais confiance ». J’étais vraiment partie assez confiante au Sénégal en mode aaaaah soupire satisfait j’ai passé beaucoup de temps à prier pour ce séjour, mon avenir n’a jamais été autant certain, je sais où je vais, y’a vraiment aucune raison que les choses se passent pas comme prévu (aaaah l’orgueil…) et Dieu est venu complétement bouleverser mes certitudes. En 2 jours et une piqure, tout ce que je croyais savoir sur mon avenir s’est retrouvé remis en question et tout ce que je croyais avoir compris a été ébranlé ! Mais je suis tellement reconnaissante que Dieu l’ait fait ! J’avais besoin d’apprendre à dépendre de lui, apprendre à mettre en pratique ce verset de Proverbe qui dit « Confie-toi en l’Eternel de tout ton coeur et ne t’appuie pas sur ton intelligence », apprendre que je ne suis pas capable de savoir ce qui est bon pour moi et que seul Dieu le peut, apprendre à lui laisser le contrôle de ma vie… apprendre l’humilité quoi ! Mais je suis tellement reconnaissante que Dieu ne m’ait pas balancé cet enseignement à la figure mais m’ait préparé pour cela. Le soir avant que tout « s’effondre » autour de moi, je ne savais pas trop bien quoi prier alors j’ai simplement prié « Seigneur tu sais ce dont j’ai besoin, donne-moi simplement ça » et à ce moment, j’ai été remplie d’une paix tellement profonde qui m’a, au final, préparée à ce que j’allais vivre et qui m’a accompagnée pour le reste de mon séjour. Et cette paix dans laquelle j’étais a été une belle occasion de témoignage car les gens ne comprenaient pas et s’interrogeaient sur comment je pouvais être si calme et paisible alors que le projet pour lequel j’avais travaillé des mois risquait de tomber à l’eau. Cet enseignement et ce lâcher-prise m’ont aussi été bien utile lorsque j’ai dû décider de partir.


Lorsque je regarde en arrière et fais le bilan de ces 2 derniers mois, je ne peux qu’être reconnaissante et rendre gloire à l’Eternel pour tous Ses bienfaits. Reconnaissante car là-bas Dieu ne m’a pas seulement donné un endroit où loger mais aussi une famille qui a su m’accueillir avec plus de générosité que je ne pourrais le décrire, qui m’a soutenue, conseillée, protégée, à qui j’ai pu me confier, avec laquelle j’ai pu aller à l’église, cuisiner. Bref une famille que j’ai pu profondément aimer et qui m’a permis de me sentir comme à la maison. Reconnaissante parce que Dieu n’a cessé de me protéger, que ce soit lorsque j’ai été ramenée à Ziguinchor inconsciente suite à ma piqûre ou lorsque j’étais perdue dans un des quartiers un peu craignosse de Dakar ou simplement quand je me levais le matin et que je me couchais le soir. Reconnaissante pour toute la beauté de la création devant laquelle j’ai pu m’émerveiller (franchement être sur un pirogue dans des mangroves au lever du jour ça ne pouvait que provoquer louange et adoration pour ce Dieu créateur !). Reconnaissante pour la paix dans laquelle j’ai vécu mon séjour. Alors même que ma vie passait son temps à être chamboulée je n’avais jamais expérimenté, dans ma vie, de période si paisible car là je savais simplement que Dieu était au contrôle et faisait son oeuvre dans ma vie. Reconnaissante pour toutes les personnes que j’ai pu rencontrer, certaines ayant des histoires tellement poignantes, ainsi que les amitiés que j’ai pu créer. Reconnaissante car pendant ce séjour Dieu a tellement fait grandir l’amour que j’avais pour Lui. Reconnaissante pour toutes les expériences folles que j’ai pu vivre, comme marcher de nuit dans une forêt avec une ruche remplie d’abeilles posée sur la tête en tapant des pieds pour faire fuir les serpents (whaaaaaat ahah). Reconnaissante d’avoir pu rentrer. A l’heure où j’écris, le Sénégal a annulé tous ses vols entrant et sortant ainsi que tout ses vols entre Dakar et Ziguinchor privant de toutes possibilités ceux restés à Ziguinchor de rentrer et ceci dans un climat montant d’hostilité envers les blancs (heureusement surtout au Nord, le Sud est épargné encore). Et reconnaissante car la paix qui m’a accompagnée pendant toutes ces dernières semaines ne m’a pas quittée. Alors même que je ne sais pas de quoi sera fait mon avenir immédiat, la possibilité de validation de mon travail de master étant encore en discussion, je suis dans la paix car je sais que je suis et ai été durant ces derniers mois exactement là où Dieu me voulait et qu’Il a tout dans sa main ceci peu importe les décisions qui seront prises.


Je n’écris pas cela car je pense que ma vie ait été plus incroyable qu’une autre mais pendant mon séjour j’ai passé beaucoup de temps à étudier l’ancien testament et j’ai été surprise par le nombre de fois où Dieu demandait à son peuple de se rappeler et de proclamer Ses hauts-faits! Je voulais donc prendre le temps de me rappeler de Son intervention dans ma vie ces derniers temps et de tous les bienfaits dont l’Eternel m’avait fait la grâce.

 


Bonus le récit de mes dernières 36h au Sénégal

Je vous le raconte quand même parce que je suis tellement émerveillée de comment Dieu a permis que les choses se passent alors que j’étais devenue complétement inapte à prendre des décisions rationnelles ! Vous savez ce genre de journée qui commence comme toutes les autres mais se retrouve chamboulée par un mail de l’uni te demandant de rentrer, puis par l’Europe qui annonce la fermeture de ses frontières, suivi du Sénégal qui annonce que tout les vols entrant et sortant seront suspendus d’ici le lendemain au soir et qui parle de restreindre les mouvements des européens entre le nord et le sud. Okay… je devais prendre une décision. J’étais au sud, tout les vols internationaux partaient du nord, si j’allais au nord il y avait un risque non nul que je ne puisse plus revenir au sud, les vols pour l’Europe étaient annulés les uns après les autres et l’ambassade Suisse avait été formelle sur le fait qu’elle ne ferait rien pour m’aider. Après avoir décidé de partir et réussi à obtenir le dernier billet pour Dakar le lendemain matin, je rechangeais d’avis, la situation me paraissant trop incertaine et préférant attendre de voir. J’allais donc me coucher jusqu'à ce qu’un doute me réveille le matin, que je prie et reçoive juste un « Noémie part » et une vague idée qu’il y avait un vol pour Dubaï. Sans réfléchir ni savoir ce que je faisais autre que « okay c’est Dieu qui l’a dit » je préparais un sac à dos, me douchais, disais au revoir à la famille et 45 minutes plus tard j’étais à l’aéroport prête à partir pour Dakar. Arrivée là-bas, l’ami avec lequel j’avais passé beaucoup de temps se retrouvait mis en quarantaine car suspecté de corona (manquait plus que ça !). Se posait alors la question de puis-je partir et prendre le risque d’infecter tout un avion si je suis porteuse ? Mettant cette question de côté, j’essayai de trouver un vol qui partait pour la Suisse et en trouva un qui partait pour Dubaï mais la queue pour atteindre le guichet était remplie par des hommes d’un certain âge, golden carte à la main hum… Un neuchâtelois que j’avais rencontré sur le vol de Dakar me proposa d’essayer par l’autre côté, côté des enregistrements qui avait aussi une fenêtre pour atteindre la dame des renseignements. Par je ne sais quel miracle le gars de la sécurité accepta de nous laisser passer sans billet et on tenta par ce côté. La gentille dame du guichet nous vit et pour aucune raison logique (autre que Dieu héhé) décida de nous servir nous plutôt que la longue file de l’autre côté et nous proposa le vol de Dubaï mais toujours cette incertitude de Corona… Après 2h de réflexion, je me résolue finalement à le prendre malgré le risque en me disant que Dieu ne m’avait pas amenée là pour rien et je m’accrochais à Sa parole disant que Dieu garde notre départ et notre arrivée. Mais arrivée au guichet d’enregistrement, le gars m’annonçait que je n’étais pas sur la liste et faisait probablement partie des places en attente (hum !). Après un moment passé à chercher nos places (et de nombreuses prières formulées à voix basse) le gars finissait par je ne sais quel moyen à nous trouver des places et je pus donc quitter le Sénégal et arriver le lendemain en Suisse. Ce que je trouve fou dans tout ça c’est que j’avais perdu toute capacité à faire des choix et qu’en plus je ne voulais pas rentrer mais que Dieu a permis que je fasse les bons choix, à chaque fois de manière in extremis, qui m’ont
permis de rentrer et Lui était simplement au contrôle.

 

Noémie Carnal, GBU Neuchâtel

 

 

Vous pouvez télécharger son témoignage en format pdf ci-dessous

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