Ministère Transition

Comment répondre à l'embarras du choix en début de carrière?

Plus besoin de le répéter, le monde bouge, et les points de repère, immuables dans le passé, sont remplacés par de nouveaux, plus nombreux, et parfois éphémères ou contradictoires. Cela implique plus de liberté individuelle. Je peux choisir librement mon métier (et mon conjoint), alors que par le passé le fils du boucher devenait tout naturellement boucher - et le conjoint était choisi par les parents.

L’absence de repères qui pavent clairement la route de la vie signifie à la fois davantage de liberté et davantage de contrainte: pouvoir choisir son métier implique également devoir choisir. Je ne peux plus m’épargner de faire des choix: mon métier, ma gestion du temps et ma vie de famille, mon engagement ou non dans l’église, la politique ou la chorale - tout est question de choix. Certes, je peux décider de faire comme mon père faisait ou comme font mes pairs - mais cela encore, c’est une décision (plus ou moins consciente). Et qui dit «décision» dit également renoncement aux autres alternatives (ce qui est souvent douloureux dans une société où l’on veut tout et tout de suite) et surtout possibilité de «faire faux». Si dans le passé, je pouvais rejeter la faute sur mes parents si mon métier (ou mon conjoint) ne me plaisait pas, aujourd’hui je suis libre de choisir – et j’en porte l’entière responsabilité. En conséquence, la liberté-contrainte de choisir, liée à la peur de faire faux, devient pour certains une charge. L’expression «avoir l’embarras du choix» prend un sens nouveau. Nous voilà «forcés d’être libres de choisir juste» – surtout concernant la carrière.

Dans ce contexte, le ministère Transition des GBEU ne souhaite pas offrir de nouvelles «bornes» qui traceraient d’avance le chemin des étudiants. Bien au contraire! Nous désirons plutôt accompagner les étudiants dans leur recherche et interprétation personnelles des bornes qui jalonnent leur route. Il s’agit de proposer un cadre où ils peuvent découvrir ce que Dieu leur met à cœur, ce dans quoi ils désirent s’investir pour faire avancer le Royaume de Dieu dans leur travail. De plus, en réponse au tourment que ressentent certains jeunes face au choix, les GBEU désirent réaffirmer la réalité de la grâce. L’enjeu réel est en effet moins «de faire le bon choix» que de le faire dans la bonne attitude, c’est-à-dire dans une relation de soumission confiante à Dieu. Parfois Dieu révèle Ses plans de manière surnaturelle et précise. Souvent, Il nous accompagne dans un processus au bout duquel il faudra prendre une décision au plus proche de notre conscience, sans grande certitude ou révélation. Il s’agit alors de ré-inscrire ce choix dans une perspective de relation à Christ, et de le considérer premièrement comme un chemin de foi/confiance en Lui:

  • confiance que même s’Il n’inscrit pas un métier ou des études sur le mur blanc, Il saura influencer mon choix
  • confiance que parfois dans Son amour, Il me laisse véritablement libre et qu’il n’y a donc pas forcément un choix «juste» et un choix «faux» (contrairement
  • aux examens)
  • confiance qu’Il m’accompagnera quel que soit mon choix, du moment que je l’y invite
  • confiance que dans Son amour, il saura m’arrêter si vraiment je m’égarais complètement.


La grâce de Dieu est donc la plus sûre réponse à mes craintes du «mauvais choix». Si je recherche sincèrement sa face (plutôt que ses directives), et désire prendre mes décisions dans la soumission, alors je suis persuadé que «la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera [mon] cœur et [mes] pensées dans le Christ Jésus» (Philippiens 4.7). Certes, pour des gens si habitués au «juste ou faux», cela paraît incompréhensible... mais Sa paix «surpasse toute intelligence», et devrait suffire et sa grâce me précède dans tous mes choix.