le dieu fitness chasse Jésus du trône

le dieu fitness chasse Jésus du trône

01.10.2018

La majorité des étudiant.e.s de Fribourg sont convaincu.e.s que „Dieu“ n’est qu’une construction humaine – contrairement à il y a 30 ans. Mais cela ne signifie pas que nous ne nous posons plus aucune question sur la foi et l’église. En plus, les étudiant.e.s sont devenu.e.s beaucoup plus sportif.ve.s. Voici quelques résultats de l’enquête menée par les groupes bibliques universitaires en 1989 et en 2018.

Texte : Elias Meile, traduction : Yasmine Thomet

Dans l’édition du Spectrum de février, un article d’archives au titre pompeux de „Studium und Weltanschauung. Ergebnisse einer Umfrage“ nous présentait les résultats d’un sondage effectué en 1989 à l’université. Ce texte constatait entre autres que l’étudiant.e fribourgeois.e type croyait en Dieu créateur du monde, et affirmait que Jésus était le fils de Dieu. Les groupes bibliques actuels de l’uni se sont donné pour tâche de découvrir si ces résultats étaient encore valables aujourd’hui. Nous avons donc effectué un sondage sur les deux campus ce printemps. 549 personnes y ont participé, environ 5% des étudiant.e.s fribourgeois.e.s.

Avant toute chose, précisons que depuis 30 ans, l’université est devenue en majorité féminine. Les femmes représentent en effet 60% des participant.e.s, ce qui correspond exactement à la part de femmes dans l’université entière. La participante type à notre sondage a entre 21 et 30 ans, étudie à la faculté des lettres et est de nationalité suisse.

 

Mais le plus grand changement est surtout la vision des étudiant.e.s sur les thèmes religieux. Aujourd’hui, 56% des étudiant.e.s pensent que Dieu est une institution inventée par les humains. En comparaison, les 2/3 des personnes sans confession ne voyaient pas Dieu comme une création humaine en 1989. Malgré tout, aujourd’hui encore, la majorité des étudiant.e.s pense que Jésus est le fils de Dieu (69% des réponses) – étonnamment, seule la moitié des étudiant.e.s partageaient cet avis il y a 30 ans.

 

 

Malgré une distance personnelle envers les concepts religieux, Laura ne voit pas de contradiction entre la science et la foi (58% en 2018, 21% en 1989) et estime que l’histoire de l’église n’est pas un obstacle à la foi en Dieu (57% en 2018, 16% en 1989). Toutefois, les chiffres illustrent une croissance marquante du camp des sceptiques.

Mais alors, qu’est-ce-qui passionne les étudiant.e.s de nos jours ? 89% des étudiant.e.s de l’uni pratiquent un sport, contre 63% en 1989, et on constate que les catholiques sont plus actifs que les autres. Les théologien.ne.s ont pu rattraper leur retard en la matière (ils n’étaient que 39% à pratiquer un sport en 1989), mais sont toujours à la traîne. Dirions-nous donc que le Dieu fitness a conquis le trône dans la ville des Zaehringen ?

Les questions sur le but de la vie ont également changé : 48% répondent par « trouver le bonheur », presque le double d’il y a 30 ans (27%) ; 11% veulent changer le monde (1989: 10%) ; et 4% seulement recherchent le succès professionnel (1989: 8%), même les juristes ne sont que 5% ! La proportion des sondé.e.s qui ne veulent pas se laisser dicter une réponse et indiquent un but « autre » a fortement diminué de 48% à 18%.

Finalement, les participant.e.s ont été prié.e.s de formuler une question personnelle concernant Dieu, la foi et la religion. Résultat : plus de la moitié d’entre eux ont rempli ce champ. « Pourquoi y a-t-il des guerres si Dieu est bon ? » demande par exemple une étudiante de la faculté des sciences. D’autres se demandent « Pourquoi la religion cause-t-elle tant d’inégalités ? » « Qu’y a-t-il après la mort ? » ou encore « Pourquoi la religion catholique est-elle la seule à avoir un Etat ? ». Et la question ultime est posée par un étudiant entre 21 et 30 ans : « Quelle est la preuve formelle que Dieu existe ? ». Les étudiant.e.s interrogé.e.s sont donc plus sceptiques qu’il y a 30 ans, mais continuent à se poser des questions profondes sur le thème de la foi et de la religion.


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