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Voici quelques souvenirs personnels, donc pas du tout objectifs. C'était il y a bien longtemps au siècle passé. J'ai étudié la physique à l'Ecole polytechnique de l'Université de Lausanne, de fin 1961 au début 66. La société d'alors était évidemment très différente de celle d'aujourd'hui. La complexité était bien moindre. Le marxisme était triomphant et la guerre froide inquiétait, à certains moments plus qu'à d'autres. Cependant, malgré les discours sombres des existentialistes comme Sartre ou Camus, un optimisme assez massif dominait: l'économie se développait, le plein emploi était assuré, les conditions de vie s'amélioraient, la technologie progressait rapidement. Les pays du sud qui avaient accédé depuis peu à l'indépendance allaient se développer, aucun doute à ce sujet, ils n'avaient d'ailleurs qu'à nous imiter! A l'Ecole polytechnique la philosophie scientiste régnait presque autant qu'aujourd'hui: la science et ses techniques allaient résoudre tous les problèmes de l'humanité.
Un camarade de volée Philippe Dind m'a assez vite invité au groupe GBU de l'EPUL qui venait de démarrer sous l'impulsion de Claude Décrevel, étudiant en math. Rencontre hebdomadaire entre midi et 2 h dans une salle de cours, pique nique, orateur ou étude biblique. Nous étions peu, entre 5 et 10 environ. Assez souvent une étudiante en logopédie se joignait à nous: Anne-Marie Kyburz, devenue depuis Décrevel. Ce qui prouve que la vocation matrimoniale des GBU est ancienne.
Nous avions assez souvent des rencontres, ou parfois des week ends au chalet du Rachy aux Diablerets, avec le groupe de l'Université. Ce groupe était un peu plus grand, entre 10 et 20, et il se réunissait dans une vieille cave sinistre et humide aux Escaliers du Marché, près de la Cathédrale. Mais avoir son propre lieu était extrêmement agréable et sympa. Avec des étudiants en lettres et en théologie, les discussions allaient bon train. A l'époque, le débat d'idées était très important. On mettait beaucoup d'effort pour rechercher la manière juste de formuler tel ou tel aspect de la foi, recherche intellectuelle qui parfois fendait les cheveux en quatre. Mais c'était passionnant et stimulant. La mode n'était pas à une grande prise en compte de nos états d'âme et de nos sentiments religieux, et encore moins à leur étalage en public. La foi s'exprimait principalement par des lectures bibliques et des chants. Par exemple un hiver, on se rencontrait à la cave, une fois par semaine avant les cours un peu avant 7 h, simplement pour chanter des chants du psautier. Debouts dans la cave froide, tout emmitouflés, on chantait à 4 voix, a capella, ces vieux chants maintenant oubliés: Eternel Roi croire en toi c'est la vie, c'est un rempart que notre Dieu, etc. J'en ai ainsi appris par coeur toute une collection. Il faut dire que quelques voix de soprano et d'alto étaient très stimulantes pour nous encourager à cet exercice matinal.
J'ai découvert les GBU au bon moment dans mon parcours de vie. Au début de mes études, je venais de vivre une douloureuse rupture d'avec le milieu ecclésial de mon enfance, un ghetto de strict fondamentalisme, et j'en ressentais un profond mal être.
Les groupes GBU m'ont apporté plusieurs choses:
En conclusion, j'aimerais adresser tous mes vœux à vous qui êtes étudiants maintenant. Profitez du GBU pour partager beaucoup de belles choses qui vous encouragent dans vos études et votre vie personnelle. Mais profitez aussi de votre temps au GBU pour vivre ensemble ce que l'on ne peut pas vivre en église (en général).
Si j'ose suggérer 3 pistes:Finalement, quant à votre désir de partager l'Espérance qui nous anime, je crois que ce qui nourrit la foi du croyant, interpelle aussi celle de l'incroyant.
Alors je vous redis: tous mes vœux et que Son Règne vienne!